
Nouveau coup de colère des salariés de Lenoir-et-Mernier hier. En matinée, ils ont bloqué le carrefour du pont des deux villes.
LES Lenoir-et-Mernier/FAV-LCAB ont bloqué durant une bonne partie de la matinée d'hier le carrefour du pont des deux villes à Charleville-Mézières… à quelques mètres du siège de la représentation
ardennaise de l'Union des Industries Métallurgiques et Minières.
Quelques minutes auparavant, leurs délégués étaient sortis plutôt déçus d'une entrevue avec le secrétaire général-adjoint de l'UIMM, Bernard Collet.
« Ils sont en train d'essayer de nous endormir », disait Claude Choquet, le porte-parole des 132 salariés des sites métallurgiques liquidés sur
Bogny-sur-Meuse. La semi-satisfaction d'avoir pu faire admettre, vendredi dernier, l'idée d'une possible indemnisation supra-légale (de 50.000 euros ?) payée à chaque employé licencié par les
finances nationales de l'UIMM (le syndicat patronal de la métallurgie), était déjà en train de se détériorer.
À l'UIMM, on venait de leur dire, « surpris », que l'indemnisation relevait non pas de l'UIMM mais du Fonds national de garanties des salaires… « d'ailleurs financé par une
cotisation patronale ».
« Il appartient donc à l'État et aux collectivités territoriales de prendre leurs responsabilités, si elles souhaitent le versement d'une prime supra-légale », précisait hier un
communiqué du syndicat patronal.
Pourquoi ses représentants n'avaient-ils pas pu faire connaître leur position lors de la réunion de vendredi en préfecture ? Tout simplement parce qu'ils n'y étaient pas présents
!
« Pas invités », certifie-t-on à l'UIMM.
« Par ailleurs, il faut préciser que les entreprises Lenoir-et-Mernier et LCAB ne sont pas adhérentes à l'UIMM mais à la CGPME », reprend le communiqué.
Cependant, l'UIMM assure qu'elle se mobilisera « avec l'ensemble du monde patronal pour trouver des repreneurs et faciliter un retour à l'emploi ».
« Ce matin, on s'est invités dans leurs bureaux », disait hier Claude Choquet.
« Tout le monde est d'accord pour dire qu'on mérite une indemnisation supra-légale… mais ils se renvoient la balle ! Les gars sont décidés. C'est un mouvement de
désespoir. Vous ne voyez pas de banderoles syndicales ici ». (NDLR : chez Lenoir-et-Mercier, le seul syndicat représenté est la CFDT).
Les Lenoir-et-Mernier sont conscients du fait qu'obtenir une indemnisation de la part de l'UIMM serait une première.
« Ça les grandirait… et ça ne serait pas l'argent des contribuables », soupire Claude Choquet.
Ils attendent un rendez-vous au siège national à Paris le plus vite possible et n'excluent pas d'aller manifester dans la capitale.
Patrick Flaschgo
***
Medef : mettre tout en œuvre…
Hier soir, le Medef expliquait dans un communiqué avoir « relayé auprès de l'UIMM la demande formulée par les Lenoir-et-Mernier », à savoir l'obtention d'un rendez-vous [à l'UIMM
nationale] pour demander une prime supra-légale.
Par ailleurs, le mouvement patronal ardennais réaffirmait sa volonté de contacter tous les repreneurs ardennais potentiels.
« Le Medef demandera à l'État, à la Région et au Département de mettre en œuvre tous les outils utiles pour financer la mobilité et les besoins en formation », poursuivait le
communiqué.
« Et le Medef a co-signé avec la CCI des Ardennes un courrier à destination des entreprises ardennaises pour favoriser la reprise des activités et l'embauche du personnel de Lenoir-et-Mernier
».
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Procédure prud'homale
Hier après-midi, lors d'une réunion de comité d'entreprise au siège de Bogny-sur-Meuse avec l'administrateur judiciaire Me Brucelle, les représentants des salariés ont officiellement contesté
« la nature économique » de leur licenciement.
« Nous ne sommes pas victimes d'une perte de marchés mais d'un patron voyou », clamaient hier les Lenoir-et-Mernier.
Une procédure va être engagée devant le conseil des prud'hommes de Charleville-Mézières.
Articlé paru le : 20 février 2008
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