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30 septembre 2004 :

les Ateliers Thomé Génot :

Un passé ancré dans la métallurgie

Au début du 2Oe siècle, on disait que Nouzonville était " Le Creusot ardennais ". Cent ans plus tard, la métallurgie s’est réduite comme peau de chagrin. Le 30 septembre 2004, le Tribunal de Commerce avait estimé que Catalina présentait les meilleures garanties pour reprendre les Ateliers Thomé Génot.

C’EST au XVIIIe siècle que Nouzonville ancre sa tradition métallurgique à l’échelle industrielle avec la Manufacture royale d’armes du Fond de la Forge. De 1688 jusqu’en 1836, on y produira des fusils et des pistolets réputés. Outre la grande fabrique, quelques dizaines de forgerons et de cloutiers font déjà de Nouzonville la première ville métallurgique de la Vallée de la Meuse. Mais " l’euphorie métallurgique ", comme le dit l’historien Didier Bigorgne, se situera entre 1850 et 1914. Durant ces " années d’initiative ", les anciens ouvriers deviennent des petits patrons et Nouzonville est même qualifiée de " Creusot ardennais ".

Professeur au collège de Monthermé depuis 1979, Didier Bigorgne est docteur en histoire de l’université de Paris 13 et spécialiste des allemanistes (1882-1905) dans le mouvement socialiste français. Thomé-Crombak, Thomé-Génot, Hardy-Capitaine, Gérard et Calteaux, Soret à la Cachette. Forges et fonderies se partagent un marché florissant. La richesse de Nouzonville est précisément cette dualité : la fonderie et la forge. " On innove et ça marche " " Thomé " devient vite le fleuron nouzonnais. " Mon père a travaillé cinquante ans chez Thomé Crombak. J’ai des souvenirs de jeunesse comme le bruit du pilon, la sortie des usines à midi et les gens qui se dépêchent de rentrer chez eux pour le repas, l’odeur du métal froid sur les vêtements ".

Fin 19e puis début 20e siècle, Nouzonville entre dans les " années d’innovation ". Les " boutiques " commencent à devenir des " usines " grâce aux commandes du Second Empire. C’est l’arrivée de nouveaux procédés : la fonte de seconde fusion, la fonte maléable en 1867, l’emboutissage à froid en 1907, puis le fer fondu chez Thomé-Crombak en 1912. " On innove et ça marche ", ajoute Didier Bigorgne, " les maisons de maîtres de forges qui sont construites dans ces années-là à Nouzonville en témoignent encore ". De même les cités ouvrières que les patrons revendront au fur et à mesure à leurs occupants. Mais dans ce tout ce paysage immobilier typique du passé nouzonnais, il ne reste même plus une de ses hautes cheminées de briques, regrette l’historien. Tout a été abattu !

Énormes efforts d’après-guerre

Selon Didier Bigorgne, la guerre de 14-18 n’aura finalement pas les conséquences catastrophiques sur l’industrie locale que l’on aurait pu craindre.

" En 14, les usines sont pillées par les Allemands. Thomé-Génot est transformée en un hôpital allemand de 3000 lits. Hardy-Capitaine est totalement dévastée. Les fours sont rasés, les usines nivelées. " Mais l’effort d’après-guerre est énorme. " Par exemple, en 1920, Hardy-Capitaine a retrouvé sa production d’avant la guerre ". En 1939-45, l’outil ne subit pas autant de destructions par l’armée allemande.

La production reprend normalement dès 1941. Paul Thomé agrandit même Thomé-Crombak en pensant à l’après-guerre. Le vrai déclin commencera en réalité dans les années 1970. Les restructurations massives dans la sidérurgie en amont de la chaîne se font sentir.

Certaines " boutiques " locales ont du mal à s’adapter aux nouvelles règles du jeu (notamment de la concurrence) de la Communauté Européenne Économique. Thomé-Génot est celle qui s’est le plus modernisée et c’est probablement pour cela qu’elle est encore là.

Patrick Flaschgo

L’UNION N° 18449 du mardi 23/11/2004

 

Nouzonville : Thomé-Génot repris, élus et salariés respirent.

 

Le 30 septembre 2004, le Tribunal de Commerce avait estimé que Catalina présentait les meilleures garanties pour reprendre les Ateliers Thomé Génot. Le 19 novembre au soir, Gregory Willis, directeur général du groupe Catalina qui est le nouveau président des Ateliers Thomé Génot, avait invité salariés et élus afin de sceller leur confiance mutuelle et présenter la nouvelle équipe dirigeante. Le Directeur général est Don Haller et son adjoint Roland Verney.
L’ARDENNAIS du 23/11/2004

 

 Nouzonville : Thomé-Génot repris élus et salariés respirent

La mine épanouie d’une personne heureuse d’être là, Greg Willis, le nouveau président des ATG a invité salariés et élus à sceller leur confiance mutuelle au champagne vendredi soir à la salle des fêtes

A l’entrée, deux jolies demoiselles distribuaient des casquettes beiges brodées " Thomé-Génot a Catalina Company ". Juste derrière elles, toute la nouvelle équipe était là : Gregory Willis le directeur général du groupe Catalina, venu de Los Angeles, François Dury, le directeur des ATG, qui passe la main aux Américains mais qui reste au service de Catalina, Catherine Zickfeld, le nouvel administrateur, Don Haller le nouveau directeur général. Pendant plus d’une heure, ils ont serré des centaines de mains.

Les repreneurs de l’entreprise nouzonnaise avaient invité élus et salariés à sceller leur confiance mutuelle au champagne à la salle Roger Maillard. Tous étaient venus : employés, conjoints, enfants, préfet, maire de la commune, députés, conseillers généraux, suppléant du sénateur, président du tribunal de commerce. Tous les acteurs de la destinée des ATG étaient là et la soirée a duré. Si l’avenir ne peut être livré avec un bon de garantie à vie, le représentant de l’État, Adolphe Colrat, affirmait haut et fort que l’arrivée de Catalina plaçait celui des ATG sous les meilleurs auspices et qu’une confiance réciproque en est le meilleur artisan.

La confiance des pouvoirs publics en la nouvelle direction et ses capacités à faire avancer l’entreprise nouzonnaise dans le bon sens. La confiance des dirigeants de Catalina dans le savoir-faire des salariés de l’entreprise qui ont joué un rôle essentiel dans l’issue des débats du tribunal de commerce. La confiance, enfin, que les employés peuvent avoir envers les intentions de leur nouvelle direction. Passant à son tour au pupitre, en français dans le texte, Greg Willis a profité de la soirée pour présenter la nouvelle équipe : Catherine Zickfeld, le nouvel administrateur, Don Haller, le nouveau directeur général, mais aussi Roland Verney, directeur général adjoint, et Alexandre Ballu, directeur administratif et financier. Convaincu d’avoir trouvé avec le groupe de Greg Willis les forces financières et commerciales pour épauler et faire repartir l’entreprise qui était dans sa famille depuis quatre générations, François Dury a quant à lui affirmé qu’il comptait sur la confiance des salariés pour que la nouvelle épopée des ATG dure le plus longtemps possible. Les bulles de champagne aidant à faire pétiller les esprits, vendredi soir, à la salle Roger Maillard, tout le monde respirait.

Christelle Lefebvre

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Inquiétude des salariés de Thomé-Génot

23/10/2006
Automobile

Les 317 salariés de l'entreprise Thomé-Génot à Nouzonville (Ardennes) sont dans l'incertitude depuis quelques semaines quant à la pérennité de leur site. « Nous avons été informés au début de ce mois que les salaires ne seraient peut-être pas versés. Depuis quelques temps, nous n'avons plus d'activité faute de matières premières, un manque lié à des difficultés de trésorerie. Nous savons que la direction a fait part de ses difficultés à la préfecture mais pour l'instant elle ne nous donne aucune information », indique un des délégués syndicaux. Devant ce mutisme inquiétant, le comité d'entreprise, qui a déclenché le droit d'alerte, s'est adjoint le soutien d'un avocat. Pour sa part, la direction de l'entreprise est injoignable.

Spécialisée dans l'estampage de pièces pour l'automobile, Thomé-Génot a acquis une expertise mondiale dans la fourniture de pôles d'alternateurs. Il y a deux ans l'entreprise ardennaise, qui avait enregistré un chiffre d'affaire de 50 millions d'euros en 2004, a été reprise par Catalina, groupe d'investisseurs californiens, spécialisé dans l'automobile. Quelques mois plus tard, en avril 2005, le repreneur présentait un plan de restructuration et de compression des effectifs portant sur une quarantaine des 400 emplois de l'époque.

De notre correspondant en Champagne-Ardenne, Pascal Ambrosi

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