Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 15:38

Politique - Article paru
le 19 novembre 2007

 

événement

La mondialisation décortiquée au Max-Linder

À l?invitation des Amis de l?Humanité, on se pressait hier au cinéma parisien Max-Linder pour une confrontation entre ouvriers et patrons de l?ex-fonderie ardennaise Thomé-Génot.

« Ils ont vu les gentils Thomé-Génot. Ils vont voir les méchants (?). On n?est pas des dactylos, on est des métallos ! » lance le délégué CGT Yannick Langrenez à Marcel Trillat en train de filmer les affrontements avec les CRS précédant la douloureuse liquidation de cette fonderie de Nouzonville (Ardennes), sujet de son film.

Hier matin, lorsque la salle bien remplie se rallume dans le cinéma Max-Linder qui vient de projeter, à l?initiative des Amis de l?Humanité, Silence dans la vallée, Yannick est là, toujours aussi radical, bien qu?il ait dépassé le stade de la colère, mais aussi Charles Rey, qui écrase de vraies larmes de prolo dans le film, et aussi Éric Beaudoin, forcé de passer de la métallurgie de pointe à la restauration.

Mais le plus piquant, c?est que François Dury, patron de Thomé-Génot de père en fils, et François de Saint-Gilles, président du MEDEF des Ardennes, qui ne se sont pas dérobés, ont beau faire partie de la même bourgeoisie, avoir usé leurs fonds de culotte sur les mêmes bancs d?école et d?église, ils ne réagissent pas de la même façon : le premier, culpabilisé de n?avoir pas su convaincre sa mère qu?il fallait anticiper face à la toute-puissance du marché, fait aujourd?hui corps avec ses ouvriers qui l?appréciaient, face au désastre de son usine pillée par les Américains avant de se retrouver, grâce à des fonds publics, entre les mains d?un repreneur qui vante les délocalisations en Chine ! Analysant la situation, il dénonce l?opportunisme de l?encadrement, l?indifférence des institutionnels ainsi qu?un environnement bancaire défavorable à l?industrie.

Le second reconnaît la différence entre un capitalisme financier sans foi ni loi et un patronat familial et industriel, dont il fait partie. Mais il le fait du bout des lèvres car il parle au nom d?un MEDEF dont la présidente, Laurence Parisot, lui a quelque peu compliqué la tâche : n?affirme-t-elle pas dans un point de vue, écrit en réaction au film et publié dans notre édition de samedi, qu?il y a une illusion à croire qu?au bout du compte il y aurait un bon capitalisme familial, local et industriel, et un mauvais, anonyme, mondial et financier ?

Et si ces contradictions entre patrons existaient bel et bien ? Et si elles se révélaient particulièrement face à ce que Yannick Langrenez, regrettant l?époque où « patronat et salariés se frittaient, mais avaient un intérêt commun à bosser, à se faire vivre les uns les autres », décrit aujourd?hui comme « des gens impalpables, sans respect, qu?on ne peut même plus attraper par le col pour s?expliquer » ?

« Comment arrêter cette logique de désindustrialisation que personne ne contrôle ? se demande Marcel Trillat. À qui profite ce processus qui engendre des enrichissements insolents et crée dans le même temps une précarisation croissante de la population, des ouvriers et des petits patrons ? »

Magali Jauffret

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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 14:23
Tribune libre -

l’Humanité des débats.

Thomé-Génot

La double projection à venir du film de Marcel Trillat, Silence dans la vallée (notre photo), ne manque ni de cocasserie, ni de sens.

Hier, à 10 h 30, il a été projeté, à Paris, sur le grand écran du Max-Linder. Les Amis de l’Humanité, qui en ont pris l’initiative, ont invité deux patrons à s’expliquer avec deux ouvriers de Nouzonville.

De son côté, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a annoncé une projection du même film dans le grand auditorium du patronat, le 14 janvier prochain, et y a invité Marcel Trillat ! La coïncidence amusera. Elle ne manque pas de sens. Il se trouve en effet que l’enquête de Marcel Trillat sur le désastre industriel de Nouzonville pose des problèmes de taille à un patronat local qui a affaire à la mondialisation. D’où la question de l’intérêt pour ce film posée aux protagonistes de ce rare double rendez-vous.

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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 13:20
Organisme: Conseil Général des Ardennes
Ardennes Forge en Chine : Des précisions du Conseil Général des Ardennes

A la suite de la publication dans la presse de l'article consacré à l'entreprise Ardennes Forge, et en référence à la dépêche AFP du 12 Novembre 2007 faisant état du projet d'implantation en Chine d'une partie des activités de cette société, le Conseil Général des Ardennes souhaite apporter sur ce dossier les précisions suivantes.

Après la mise en liquidation d'ATG, le Conseil Général a décidé, pour préserver l'activité industrielle et l'emploi dans la Vallée de la Meuse, de s'engager concrètement en procédant à l'acquisition , pour un montant d'1 Meuros HT, de l'ensemble du matériel de production de l'ex-entreprise ATG.

Ce matériel a été loué, avec option d'achat dans un délai de trois ans pour un montant total in fine identique d'1 Meuros HT - soit une opération « blanche » pour le budget départemental - à la Société Ardennes Forge, qui s'est engagée pour sa part à créer 30 emplois. Aucune autre aide directe n'a été versée à l'entreprise par le Conseil Général des Ardennes. La Société Ardennes Forges a largement respecté ses engagements vis à vis de la collectivité départementale, puisqu'elle a créé à ce jour 62 emplois, dont 48 occupés par d'anciens salariés de « Thomé Génot ».

Le Conseil Général prend acte de l'annonce faite le 12 novembre dernier de l'implantation d'une unité de production en Chine, qui s'inscrit dans les exigences de gestion de la Société Ardennes Forge, telles qu'elles sont aujourd'hui largement imposées par les donneurs d'ordre du secteur de la sous-traitance automobile. Cette opération ne se réalisera en aucun cas avec des machines qui seraient la propriété du Conseil Général. Les conditions de cette implantation sont donc sans effet sur le partenariat liant le Conseil Général à l'entreprise.

La Société Ardennes Forge, compte tenu de ses prévisions d'activité et des marchés sur lesquels elle entend se positionner, continue de bénéficier de la confiance du Conseil Général pour maintenir dans son domaine d'activité et compte tenu des réalités du marché, l'emploi industriel dans les Ardennes.

Conseil Général des Ardennes
Hôtel du Département
08011 CHARLEVILLE-MEZIERES
Tel : 03 24 59 60 60
News Press
18/11/2007 12:50
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 13:10

 

enquête

Les Amis de L’Humanité au Max Linder, le 18 novembre, avec Marcel Trillat

Si vous voulez comprendre la mondialisation « de l’intérieur », et sur grand écran, rendez-vous, à Paris, le dimanche 18 novembre, à 10 h 30, au cinéma Max Linder ! Les Amis de l’Humanité et Marcel Trillat, le réalisateur, invitent à une rencontre sur ce sujet brûlant. On y verra Silence dans la vallée dans des conditions exceptionnelles de projection et de débat. Venus des Ardennes, deux ouvriers (Yannick Langrenez et Charles Rey) et deux patrons (François de Saint-Gilles, président du MEDEF des Ardennes et François Dury) s’expliqueront avec le public sur ce phénomène qui paraît échapper à tout le monde et où toute la subtilité du cinéaste consiste à faire disséquer la mondialisation par ses propres acteurs.

24, boulevard Poissonnière, 75009 Paris, entrée libre.

Par rey charles - Publié dans : atg-association
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