Mercredi 5 mars 2008


un rassemblement à Bogny sur Meuse aura lieu le mercredi 5 mars 2008

pour soutenir les Lenoir et Mernier et Jayot .

je demande à toutes les personnes disponlble de Thomé Génot de venir 

pour 14h00  à Bogny sur Meuse.

nous nous regrouperons et yannick devra prendre la parole au nom de

l'association.

tous les Syndicats, les Elus et Olivier Besancenot seront présent ainsi que

la population de Bogny sur Meuse.

par rey charles
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Mardi 4 mars 2008
cliquez sur le lien et cliquez sur lundi 4 mars



http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=c51a_1920&video_number=0
par rey charles
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Lundi 3 mars 2008

information importante

les Lenoir et Mernier et jayot ont bloqués la gare de charleville ce matin à 14h00 

charge des gendarmes mobiles pour délogés les salariés après 5mn de confrontation 

sur les voies ferrés , des gazs lacrimogène ont été lancés.

1 salariés et parti en ambulance à l'hospital.

les salariés sont repartis bloqués la préfecture, rebelote, confrontation et 

gaz lacrimogène.

3 salariés des ex thomé génot et moi même étaient présent, gazé aussi 

pour nous se n'était qu'une piqûre de rappel de l'année dernière.

voir FR3 aujourd'hui à 19h 


charles rey

par rey charles
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Samedi 1 mars 2008

Prix-lès-Mézières / Lenoir-et-Mernier Blocage des bus de la RDTA et de la Setac hier matin


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Le blocage des deux accès de la RDTA, route de Warnecourt et rue d'Evigny, a débouché sur l'immobilisation totale des bus de la régie et de la Setac, hier matin, à Prix-lès-Mézières.
Karen KUBENA

 

Après le blocage d'un TGV à la gare de Charleville-Mézières puis celle du centre de tri postal de la zone du Moulin-Leblanc, les Lenoir-et-Mernier ont récidivé, hier, dès 4 h 30, en obstruant les deux accès du siège social de la Régie départementale des transports ardennais (RDTA).
Ce mouvement a duré jusqu'à 14 heures et provoqué la paralysie totale du trafic des bus inter-urbains, urbains et scolaires à Charleville-Mézières intra-muros et dans la périphérie. Trois lignes régulières desservant principalement tous les points du Nord du département, treize amenant aux établissements scolaires et aux collèges du chef-lieu et des environs (Nouvion-sur-Meuse, Vrigne-aux-Bois, Vivier-au-Court…) ainsi que les transports gérés dans l'agglomération par la Société d'exploitation des transports de l'agglomération carolomacérienne ont été perturbés.
Il faut, en effet, savoir que 29 bus appartenant à la Setac sont stationnés au dépôt de Prix-lès-Mézières.
Fabrice Denis, le directeur de la RDTA, et Fabrice Leclerc, le directeur commercial, ont aussitôt essayé d'informer au plus rapidement les usagers via deux radios locales et le site Internet de la régie.
« 70 à 75 chauffeurs de la RDTA et une cinquantaine de la Setac sont donc restés au chômage technique jusqu'en début après-midi », constataient en chœur Fabrice Denis et le responsable marketing de la Setac, Yves Allanet.
Durant la moitié de la journée, la clientèle des bus des deux exploitants ont donc dû faire de la marche pour rejoindre leur lieu de travail, leurs établissements scolaires ou les commerces et administrations de l'agglomération.
A noter que les manifestants ont laissé passer un véhicule pour handicapés ainsi que le bus des «Petits lutins».
L'après-midi, une fois les barrages levés par les salariés, la RDTA et la Setac ont été en mesure de remettre en place les circuits scolaires et les lignes régulières.
Pascal Remy

par rey charles
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Samedi 1 mars 2008

 

 




A tous les ex -Thomé Génot qui peuvent assister à la mobilisation. 

Ont étaient content quand ils ont fait Ardennes Morte pour nous 

cela serait  
bien de rendre l'assenseur et d'aller montrer notre soutient 

au LENOIR ET MERNIER et dire que malgrès le CTP 

nous sommes les THOME GENOTplus de 150 personnes 

qui recherche du travail ou en emploi précaire. 


charles rey


Les salariés Lenoir et Mernier-LCAB sont scandalisés par l’annonce du syndicat des industriels des métiers de la métallurgie (UIMM) de verser une somme de 1,5 millions d’euros à M. Gautier Sauvagnac l’ancien dirigeant de ce syndicat, mis en examen pour recel, abus de confiance et travail dissimulé.

Mais plus grave encore l’UIMM prendrait en charge toutes ses éventuelles futures condamnations pénales et fiscales, sans limitation de montant.

 

Une véritable honte sur l’ensemble de l’UIMM nationale et départementale, alors que les salariés licenciés de Lenoir et Mernier-LCAB demandent à être entendu sur l’indemnisation du préjudice moral causé par un patron ‘voyou’.

Les patrons de l’UIMM envisagent-ils également de donner une indemnité à M. JARLOT et prendre en charge sa probable condamnation pénale.

Quelle est la position de Monsieur MARTIN ET VUIBERT ?

 

Devant le silence complice et le refus de prendre en compte leurs demandes, les salariés on saisit Maître MEDEAU afin de déposer une plainte contre l’UIMM et la CGPME pour avoir touché de l’argent de l’entreprise Lenoir et Mernier/LCAB et de ne pas en assumer les conséquences sociales et moral.

Parallèlement à cela, la plainte des salariés contre Monsieur JARLOT suit son cours.

 

Les salariés Lenoir et Mernier-LCAB souhaitent rapidement retrouver le chemin de l’emploi, du reclassement et de la formation, encore faut-il que leur préjudice soit reconnu. Hors l’état répond par l’envoi des CRS et les patrons choisissent d’indemniser un ‘voyou ’plutôt que les victimes.

 

Une nouvelle fois les victimes d’un patron malhonnête lancent un cri de désespoir, un cri d’alarme, un cri de rage.

 

Participez au grand rassemblement de la solidarité, le mercredi 5 mars à 14H00 place Danton à Bogny sur Meuse.

Nous appelons les responsables syndicaux et politiques à apporter un véritable soutien en déléguant une personnalité nationale à cette manifestation.

Olivier BESANCENOT a déjà répondu présent.

 

L’union sacré au plus haut niveau, gauche, droite, tout syndicat confondu, a quelques jours des élections municipales, sera un véritable signe de rassemblement afin de réaffirmer que ce sont les victimes qui doivent-être indemnisées et non les coupables.

 

Salariés du public, du privé, retraité, chômeurs, ardennais et ardennaises ainsi que les patrons honnêtes, tous ensemble le mercredi 5 mars a Bogny sur Meuse pour dire " plus jamais ça ".

 

 

 

Claude CHOQUET

Lenoir et Mernier/LCAB

par rey charles
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Samedi 1 mars 2008



Un ancien de Thomé Génot me signal une offre de reprise 

de commerce.




VENDS FOND RESTAURANT PIZZERIA

 

A MEZIERES - BIEN SITUE - PARKING FACILE

 

 

PRET A TRAVAILLER

 

Equipements: -26 places assises

-Four a pizzas a gaz 6 pizzas

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-Hotte aspirante inox

-Plaque 4 feux

-Evier et necessaire de plonge

-Lave-main

-Réfrégirateur

-Congelateur

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-Friteuse électrique capacité 8 litres

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Cuisine, salle de restaurant, wc, cave.

Prix: 40 000 € - Loyer: 380 € par mois

Pour tout renseignement, contacter Mr. BIREN Ghislain au 06.64.72.12.98 ou au 06.63.87.73.11

 

par rey charles
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Vendredi 29 février 2008

Bogny-sur-Meuse 

Lenoir-et-Mernier : écœurés mais décidés à hausser le ton


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Les grandes avenues du chef-lieu ont été bloquées toute la matinée provoquant de sérieux embouteillages.

 

Hier, 9 heures. Une épaisse fumée noire se dégage du ciel au-dessus de la Préfecture. Signe que les salariés de Lenoir-et-Mernier battent à nouveau le pavé. 

Après un barrage filtrant sur le pont de Nouzonville, ils ont à nouveau mis le cap sur le chef-lieu pour exprimer leur colère. La réunion de la veille, à Bercy, n'ayant débouché sur rien de concret.
Sur place, le personnel exprime son désarroi et son écœurement. Comme beaucoup, Patrick Lecoq a l'impression d'être mené en bateau. «Le lundi, on nous envoie les CRS, le mercredi on nous fait aller à Paris pour obtenir une avancée et on se heurte à un mur. Les gens sont à bout. Mais tant qu'il n'y aura pas de réunion avec l'UIMM, on ne relâchera pas la pression ».
« Même la préfète qui nous avait proposé un médiateur a été désavouée par le ministère. Ca prouve qu'elle n'a aucun pouvoir de décision. Les collectivités souhaitent que le patronat paie mais, nous, on est au milieu comme des cons »

Emmanuel, estampeur, est menaçant. « Les jours passent et on n'a toujours pas de résultats. Ca devient long. Il va bien falloir faire le constat qu'on est trop gentils. Ils nous endorment. On va hausser le ton »

Martine, Marc et Yves sont à l'unisson. «La seule solution, désormais, c'est de durcir le conflit. Ca va finir par dégénérer ».
« Quand on voit l'argent dépensé pour le procès Fourniret et qu'on ne veut pas nous verser l'indemnisation supra légale. Il y a de quoi être furax ! » dit Philippe, outilleur-régleur.
Entre-temps, une délégation est reçue par Jean-Luc Blondel, le coordinateur fraîchement nommé.
Pascal Fausse confirme ce qui a été déjà entendu la veille. « Seule nouveauté : une date de réunion avec l'UIMM devrait être fixée d'ici la fin de semaine »

Linda Polito n'a pas voulu rester jusqu'au terme de la réunion. Elle a claqué la porte. « On ne nous parle que du contrat de transition professionnel et éventuellement de reprise partielle de sites. C'est tout »

En fin de matinée, Claude Choquet a été interrogé par le service régional de police judiciaire à la Police aux frontières pour apporter son témoignage sur la gestion de Philippe Jarlot. L'enquête avance paraît-il à grands pas et donnera lieu à du concret d'ici quelques semaines... 

Pascal Remy

 

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par rey charles
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Jeudi 28 février 2008


Par
 
 



LABORATOIRE DES LUTTES. Les patrons pleurent aussi. Pour autant, ces émotions analysées par quatre sociologues, assurent-elles la possibilité d’une "responsabilité éthique du capital" ? 25 février 2008

Le 14 janvier 2008, Marcel Trillat, proche du Parti communiste, journaliste de télévision, ancien responsable de la CGT à France 2, a été invité par Laurence Parisot à présenter son dernier film, Silence dans la Vallée (2007), dans le grand auditorium du Medef, avenue Bosquet, dans le très élégant 7e arrondissement de Paris. Voilà qui n’est pas banal. Curieux aussi ce public mêlé, petits patrons, moyens entrepreneurs, dirigeants de grands groupes (Claude Bébéar, président du conseil de surveillance du groupe AXA, est au premier rang), mais aussi des ouvriers licenciés, des délégués syndicaux, des journalistes, des sociologues… Que se passe-t-il ?

La Vallée, c’est celle de la Meuse à Nouzonville, petite ville proche de Charleville-Mézières, dans les Ardennes. Le silence, c’est celui des usines : fonderies, forges, ateliers de modelage et d’usinage. Il y a trente ans, des dizaines d’usines étaient mêlées aux cités ouvrières et à ce qu’on appelle là-bas les « châteaux » des patrons. La dernière entreprise de taille moyenne, les Ateliers Thomé-Génot (ATG), 400 ouvriers et employés, vient d’être liquidée après que sa trésorerie, son patrimoine et les savoir-faire ont été pillés par des repreneurs américains.

Le réalisateur, Marcel Trillat, est à Nouzonville lorsque les ouvriers en grève et les forces de l’ordre se retrouvent face à face. Il commence le tournage d’un documentaire sur la région et ses problèmes. L’idée lui en était venue à la lecture de Désarrois ouvriers, une recherche publiée en 1987 aux éditions L’Harmattan par Michel Pinçon, dont le père, né à Nouzon, comme on dit là-bas, fut ouvrier polisseur. La crise industrielle sévissait déjà au début des années 1980. Aujourd’hui, après plus de vingt ans dans les beaux quartiers avec Monique Pinçon-Charlot, les deux sociologues envisagent, de rendre compte dans une nouvelle enquête de ce que sont devenues les familles ouvrières, mais aussi celles des patrons.

Ils guident Marcel Trillat dans ses premiers repérages, lui font découvrir les friches industrielles, dont celles d’une fonderie d’acier, les Aciéries Thomé-Cromback (ATC), issue d’une fonderie de fonte créée en 1870 par Émile Thomé. Son père, Louis-Gustave avait déjà fondé en 1855 une usine d’estampage, devenue indépendante de la famille Thomé en 1920 sous le nom des Ateliers Thomé-Génot. Les ATC ont fermé en 1996 et les ATG dix ans plus tard, en octobre 2006. Les protagonistes du film sont les ouvriers, dont le savoir-faire est maintenant inutilisé, et un patronat autoritaire, mais paternaliste, aujourd’hui dépassé par la financiarisation du capital. Aucun de ces protagonistes ne sortira indemne du drame. L’Humanité, dans son édition du 4 octobre, jour de la diffusion du film sur France 2, lui consacre deux pages sous le titre : « Dans la vallée des larmes, les patrons pleurent aussi. » Faut-il voir là la raison de l’organisation par la présidente du Medef de la soirée du 14 janvier 2008 ? Dans un article paru dans L’Humanité, le 17 novembre 2007, Laurence Parisot annonce cette séance de projection, qui doit être suivie d’un débat. À côté de son article, celui de Marcel Trillat, dans un face-à-face pour le moins inédit.

Nous avons assisté à cet événement en compagnie de deux jeunes collègues sociologues. Voici, sur cette soirée mémorable, leurs observations et les nôtres.

Le débat a été animé par un meneur de jeu, sans doute du Medef, qui a assez bien tenu son rôle, distribuant la parole avec autorité, ponctuant le propos de marques d’humour. Mais autour de Marcel Trillat, il n’y avait que des débateurs de la mouvance patronale : Laurence Parisot, Dominique Sénéquier, présidente du directoire d’Axa Private Equity, François Dury, ancien propriétaire avec sa famille de Thomé-Génot, François de Saint-Gilles, industriel, président du Medef Ardennes et Arnaud Bouyer, auteur de Les fonds d’investissement sont-ils… des prédateurs ? La grande majorité du public était constituée de patrons. Pendant le cocktail l’un d’entre eux, 45 ans environ, costume soigné, est arrivé avec une pâtisserie, en informant ses voisins qu’il n’y avait plus rien au buffet. « Pour un film social, ils n’ont pas voulu faire un buffet trop… riche. » Rires des personnes à ses côtés.

Le débat a laissé peu de place au point de vue ouvrier, tout de même efficacement exposé par Yannick Langrenez, délégué CGT chez Thomé-Génot, et Charles Rey, fondateur et animateur d’une association des anciens de Thomé-Génot. Mais Marcel Trillat a eu fort à faire pour introduire un peu de social dans un débat qui a été souvent assez technique, consacré aux mécanismes de financement des entreprises et au poids des fonds d’investissement ou de pension. C’est toujours un peu le problème avec le patronat. Dans ce genre de débat, tout ce qui relève du « social » est noyé sous un pragmatisme apparemment irréfutable.

Cette technicité a eu des effets importants dans la formation d’une problématique collective pendant la soirée : l’ensemble des débats s’est tourné non pas vers le film, qui finalement aura très peu été commenté en lui-même, mais sur des questions qui taraudent actuellement le monde patronal, comme celle de la responsabilité éthique du capital. Ainsi, on a eu droit pendant la première demi-heure à un réquisitoire contre la mauvaise gestion accidentelle de l’ex-patron de Thomé-Génot, suivi de quelques moments de compassion envers les ouvriers présents dans la salle. Puis a succédé un débat sur la mauvaise gestion de cette affaire par les pouvoirs publics, la préfecture et le tribunal de commerce. La technicité en question témoigne d’une distance immédiate des patrons aux souffrances ordinaires des ouvriers, ces derniers n’étant célébrés que pour autant qu’ils savent bien rester à leur place, comme de « bons ouvriers ». Pour le dire plus brutalement, tout a semblé aller dans le sens d’un affichage de la « compétence » technique, d’une affirmation de la valeur sociale positive des patrons qui dépasse la simple stratégie de communication : un moment de célébration d’une respectabilité qui désormais prend des allures « éthiques ». Peut-être s’agit-il d’une mise aux normes contemporaines du capital symbolique du patronat, qui n’a de cesse de prouver sa compétence et son utilité sociale dès que les circonstances s’y prêtent.

Cependant, le film de Marcel Trillat et de son équipe, présente au complet ce soir-là, a trouvé un écho positif dans une assemblée où cela n’allait pas de soi. Une qualité reconnue par Laurence Parisot et Dominique Sénéquier, entre autres, ce qui n’est pas rien compte tenu de leurs positions sociales. Le sujet intéressait, l’affluence exceptionnelle l’a manifesté. Il y a eu 560 inscrits pour cette soirée, un beau plébiscite pour Silence dans la Vallée. Le monde du patronat est divers, ce qui pouvait s’observer dans la variété des tenues vestimentaires, mais il est massivement masculin. En tout cas, les 350 places de l’auditorium, qui porte le nom de Francis Bouygues, n’ont pas suffi. Le dossier de chaque siège porte une plaque dorée et ronde au nom d’une entreprise, par exemple « BNP Paribas ». Sur un mur, un slogan : « L’entreprise c’est l’avenir. » Des dizaines d’invités ont dû se contenter d’une place au sous-sol, dans une salle où le film était diffusé également, sur un écran d’appoint. Il est clair que Laurence Parisot, et au moins une partie de la direction du Medef, étaient acquises au film et à la manière dont il pose la question de l’intervention d’un capital prédateur dans les entreprises en difficulté. L’interview de François de Saint-Gilles (Medef Ardennes), dans le film, n’a pas soulevé d’objections. Toutefois ses propos pendant le débat furent en retrait par rapport à ceux tenus dans le film. Comme s’il s’agissait de sauver la face devant un parterre de pairs qui sont aussi des juges immédiats.

Ici et là, il y eut d’ailleurs quelques indices de divisions à l’intérieur même du patronat. Ne serait-ce que le petit ballet qui préluda à la distribution des places situées au premier rang, comme si d’importantes questions de préséance étaient en jeu. Laurence Parisot a recommandé de faire des fonds de pension à la française en soulignant que les fonctionnaires, eux en disposaient déjà. Ce qui n’a pas empêché un jeune patron de se plaindre que le Medef ne défend pas assez la retraite par capitalisation. La présidente du Medef a souligné que demander des rendements de 20 % pour les petites entreprises, ce n’est pas possible. Tout le monde n’était pas d’accord et ces tensions dans le Medef expliquent sans doute pour une part que cette soirée ait pu avoir lieu.

Toutefois, ce qui a été condamné, c’est le caractère prédateur du repreneur américain. Laurence Parisot a sans doute été sincèrement émue par le film et la fermeture de l’usine Thomé-Génot. Elle a probablement voulu se servir du film et de cette soirée pour mettre en garde les patrons devant des prédateurs tels que Catalina, le repreneur qui a achevé cette entreprise. Mais il s’agissait aussi d’affirmer que les entreprises familiales doivent s’ouvrir aux fonds d’investissement, que leur pérennité est à ce prix. Le ralliement du patronat au film n’est sans doute possible que parce qu’on a là un cas extrême et à la limite caricatural. Ce point a fait l’objet d’un échange pendant le débat, un petit patron disant que ce n’est pas un « arbre qui cache la forêt », c’est-à-dire un prédateur qui masquerait un capital financier utile et honnête. Ce qui a été dit également par le président des Amis de L’Humanité, Charles Sylvestre, présent dans la salle, qui a tenté de perturber l’ordre symbolique de la soirée, mais s’est fait remettre à sa place pour avoir malencontreusement mis en cause Claude Bébéar en lieu et place de Jean Peyrelevade. Claude Bébéar s’est levé, avec beaucoup d’assurance, et a relevé publiquement l’erreur en soulignant avec un plaisir évident, qu’« en plus, c’est un socialiste ».

L’affaire Thomé-Génot a donc été traitée tout au long de la soirée comme un accident : le terme a été utilisé à plusieurs reprises. Regrettable, bien évidemment, mais évitable car dérogatoire aux modes de fonctionnement normaux des fonds repreneurs. Dominique Sénéquier (Axa) a ainsi affirmé que si François Dury avait su faire appel à un bon fonds d’investissement, fiable, les difficultés de l’entreprise auraient pu trouver une issue positive. En cela le débat a été en recul par rapport aux propos de François de Saint-Gilles, qui mettait clairement en cause la présence sur le marché financier d’opérateurs uniquement intéressés par le profit immédiat, le taux de valorisation de leur mise. La présence d’un auditoire très acquis au libéralisme a sans doute limité l’expression de la méfiance du capitalisme familial par rapport au capitalisme financier. Les discours ont donc été assez convenus dans l’ensemble : ce qui fait consensus, c’est la convergence de la mondialisation, de l’inscription de l’industrie française dans ce grand mouvement de délocalisation généralisée des productions matérielles, avec la pérennité des entreprises et des emplois. Finalement les propos tenus, tout en condamnant fermement le capitalisme de pirates de Catalina, ont été très proches de l’interview, dans le film, d’un nouveau repreneur qui a relancé une partie de la production avec une soixantaine de travailleurs. Aidé par le conseil général, il voit néanmoins dans la délocalisation le seul moyen d’assurer la survivance des emplois en France et de ce qui reste de Thomé-Génot à Nouzonville. Il faisait aussi état, dans cet entretien, des pressions des équipementiers comme Valéo, qui refusent la répercussion des hausses des prix de l’acier et vont même jusqu’à exiger la délocalisation, probablement aussi parce que Valéo se voit de son côté contraint par PSA et Renault, ses donneurs d’ordre. Mais il reste que le déménagement récent des deux tiers des machines vers la Chine ne présage rien de bon…

On peut se demander aussi si cette soirée au Medef ne s’inscrit pas dans l’air du temps de l’ouverture, initiée par Sarkozy. Les propos de Laurence Parisot étaient à cet égard étonnants dans leur surenchère. Comme lorsqu’elle déclare « J’ai toujours rêvé d’écrire un article dans L’Humanité. Je reconnais que je n’ai pas pris le chemin le plus direct pour y arriver. » Ou encore, dans son intervention finale : « Vous recevoir ici, vous, les ouvriers de chez Thomé-Génot, vous les syndicats, c’est tout un symbole. » Certes, mais quel symbole ? Celui de la lutte des classes dépassée par exemple ? Celui de la rupture avec des idéologies obsolètes ? Elle a signalé que le film précédent, programmé au Medef dans le cadre de cette série de soirées, était celui d’Al Gore. Cette assemblée improbable de chefs d’entreprise visionnant un documentaire accablant pour le capitalisme en pointe, celui de la finance nomade, applaudissant un film dont le contenu est un réquisitoire contre les méfaits d’hommes d’affaires affairistes sans foi ni loi, n’était-elle pas un faux-semblant de paternalisme aujourd’hui dépassé ? Voire la cérémonie des adieux à un capitalisme en voie d’extinction, à la fois appel à la vigilance envers les prédateurs trop prompts à se livrer à la curée et appel à prendre les devants en se lançant avec décision dans le nouvel internationalisme de la production du profit ? La compassion des interventions à l’égard de la famille Dury — et en particulier de la mère qui assura la direction de l’entreprise après la mort précoce de son mari — était frappante, en l’absence complète de référence aux ouvriers, jamais cités ou très peu cités dans les propos patronaux, alors qu’il s’agit du sujet du film.

Côté patron, une aisance des gestes, des mots et des regards, qui contrastent avec certains moments de tension où les patrons n’hésitent pas à échanger des arguments assez durs, en particulier en réponse à Mme Sénéquier, dont la compétence affichée a suscité des réponses parfois violentes. Plus largement, l’unité de classe coexiste avec des luttes entre les personnes en présence, ce que ce film a pu à la fois canaliser mais aussi susciter (puisque tous doivent montrer qu’ils ne sont pas des « escrocs », qu’ils sont des « bons patrons »).

L’unité de classe n’apparaît véritablement que lorsque l’on observe la distance sociale au sein même de la salle entre les ouvriers invités et les patrons présents : ces ouvriers, qui ont pourtant participé au film, n’étaient pas des vedettes, mais de simples témoins, vis-à-vis desquels les patrons semblaient compatissants. Lorsque Charles Rey prend le micro pour donner son point de vue, sa prise de parole est immédiatement singulière de par la tonalité de sa voix, son accent des Ardennes, ses mots mâchés, ses hésitations multiples qui contrastent avec la sécurité linguistique des hommes en costume. Il porte une chemise jaune pâle années 1970 et un blouson en cuir. Les regards silencieux pointés vers lui finissent par lui mettre la pression, à perdre le fil devant tant d’attention.

Massivement applaudi après avoir présenté une offre de travail de la part des anciens de Thomé-Génot à un éventuel entrepreneur intéressé dans la salle, il est même invité par Laurence Parisot à venir sur la scène. Mais il refuse, sans en faire trop, peut-être par fierté de classe ? En tout cas, il reste à sa place, dans tous les sens du terme, et cela a sans doute permis à la soirée de garder un rythme de cérémonie relativement cohérent (la soirée aurait sûrement pris un autre tournant s’il était monté sur la scène). Reste que l’on peut trouver assez cynique le côté paternaliste-humanitaire de certains patrons. La manière très raide avec laquelle Claude Bébéar s’adresse à Charles Sylvestre, comme pour le rappeler à l’ordre, a mis en évidence le caractère très fragile d’une situation consensuelle qui ne demande qu’à se muer en affrontement dès que les positions de classe sont clairement affirmées.

Sites à consulter :

• thomegenot.com : le site réalisé du temps du repreneur américain, Catalina, toujours en ligne. Sinistre et savoureux.

• medef.fr/main/core/php : la vidéo intégrale du débat du 14 janvier au Medef.

Deux sites incontournables créés par les anciens de Thomé-Génot :

• atg-association.over-blog.com

• ex-syndicatcgtthomegenot08.com

Articles de presse :

• Samuel Gontier, « Qu’elle était noire ma vallée » et « Silence dans la vallée » (compte rendu), Télérama, n° 3011, 26 septembre 2007.

• Olivier Zilbertin, « Un monde à l’agonie », Le Monde TV et Radio, dimanche 30 septembre et lundi 1er octobre 2007 (avec une interview de Marcel Trillat).

• Sabine Harreau, « Comment Marcel Trillat témoigne du déclin du monde ouvrier », entretien avec Marcel Trillat, Pèlerin, n° 6513, 27 septembre 2007.

• Sibylle Grandchamp, « L’ouvrier de la première heure » (portrait de Marcel Trillat), Libération, 4 octobre 2007.

• Jean-Claude Renard, « Les fils des forges », Politis, jeudi 27 septembre 2007.

• Thomas Lemahieu, « Dans la vallée des larmes, les patrons pleurent aussi », L’Humanité, jeudi 4 octobre 2007.

• Michel Diard, « Silence dans la vallée », La Vie ouvrière, 28 septembre 2007.

• « L’affaire Thomé-Génot : le face-à-face Trillat-Parisot » Marcel Trillat, « Une métamorphose brutale » ; Laurence Parisot, « Emotion partagée », L’Humanité, samedi 17 novembre 2007.

• Magali Jauffret, « La mondialisation décortiquée au Max-Linder », L’Humanité, lundi 19 novembre 2007.

• Michel Delberghe, « Quand le Medef s’interroge sur les dérives de la mondialisation et du capitalisme financier », Le Monde, 16 janvier 2008.

par rey charles
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Jeudi 28 février 2008

Bogny-sur-Meuse 

Lenoir-et-Mernier : toujours au point mort


 

Après trois semaines de mobilisation ayant suivi la liquidation judiciaire prononcée le 7 février, les salariés de Lenoir-et-Mernier se sont accordé une journée de répit, hier. 

Ils avaient « refilé la main » comme disait l'un d'eux à la délégation de représentants du personnel partie à Paris en compagnie du maire de Bogny-sur-Meuse à une réunion au ministère de l'Industrie, de l'Economie et des Finances à Bercy. Une entrevue obtenue lundi par les élus politiques de droite.
Mandaté par le personnel, l'ensemble de la délégation avait un objectif commun : la reconnaissance du préjudice moral et son indemnisation ainsi que des solutions pérennes et immédiates en faveur de l'emploi. 

Las, la délégation a essuyé une fin de non-recevoir sur le sujet prioritaire : le versement d'une indemnité supra légale. « Un refus catégorique. On nous a répondu que ce n'était pas l'affaire de l'Etat. »
Philippe Gustin, le conseiller de Christine Lagarde, a par ailleurs estimé qu'il n'y aurait pas de médiateur dans cette affaire dans la mesure où l'entreprise était liquidée.
Par contre, Jean-Luc Blondel, le secrétaire général de la préfecture, sera nommé dans les prochains jours coordinateur de ce dossier. Avec l'objectif d'instruire la réindustrialisation du site en collaboration avec les salariés et de régler les problèmes sociaux et environnementaux. Comme la dépollution de certains bâtiments telle que la galvanisation. 

Promesse a, par ailleurs, été faite aux « Lenoir-et-Mernier » d'instaurer un dialogue avec l'Union des industries minières et métallurgiques. « Avec si nécessaire, une intervention au plus haut niveau de l'Etat pour aboutir à une réunion. »
« On est déçus. On n'est pas ressortis satisfaits de cette réunion. Nous aurions souhaité que l'Etat prenne des responsabilités comme dans le dossier Thomé-Génot. Mais nada… », constatait Claude Choquet.
Erik Pilardeau qui avait joué le chauffeur était un peu plus positif : « Il y a eu quelques petites avancées. Le ministère semble vouloir prendre en considération le problème de la réindustrialisation. Mais ses efforts se borneront à la sauvegarde de l'emploi et au contrat de transition professionnelle. Reste à espérer que le coordinateur insuffle une vraie dynamique. » 

Un compte rendu sera fait ce matin à 7 heures au personnel qui décidera de la suite à donner aux événements. Mais on peut d'ores et déjà craindre une intensification des actions. « Car on en a marre de tourner en rond »
Pascal Remy

par rey charles
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Mercredi 27 février 2008

Charleville-Mézières 

LENOIR-MERNIER / Un dernier blocage avant le rendez-vous à Paris


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Les Lenoir-et-Mernier ont bloqué hier matin le centre de tri postal. Une nouvelle preuve de leur détermination avant le rendez-vous de cet après-midi à Paris au ministère de l'Économie.
PHOTO (Karen KUBENA) : Dès 4 heures du matin, les Lenoir-et-Mernier ont bloqué l'accès du centre de tri à Charleville-Mézières.

Les Lenoir-et-Mernier ont bloqué hier matin le centre de tri postal. Une nouvelle preuve de leur détermination avant le rendez-vous de cet après-midi à Paris au ministère de l'Économie.

DES tournées de facteurs annulées sur le chef-lieu, et une distribution du courrier dit urgent très fortement perturbée sur une bonne partie du département : le blocage hier matin de la plate-forme de La Poste (ex-centre de tri) située sur la zone du Moulin-Leblanc par les ex-salariés de Lenoir-et-Mernier a produit le résultat escompté.
« Ce n'est pas tant les particuliers que nous avons voulu pénaliser mais les entreprises que nous avons souhaité de nouveau sensibiliser », a expliqué le délégué de la CFDT Claude Choquet.
Les métallos ont pris position dès 4 heures sur le rond-point et unique accès à la plate-forme de distribution, d'ailleurs récemment inaugurée. Ils n'ont levé le camp que vers 11 h 30.
Ce faisant, les camions en provenance de Châlons acheminant le courrier urgent et la presse du jour n'ont pu être déchargés pour être triés. Et évidemment, ce même courrier n'a pu être ventilé à destination des bureaux d'une grande moitié nord des Ardennes.
Quand elles n'ont pas été annulées, les tournées des facteurs ne contenaient que des plis non urgents.
Le Sedanais, en revanche, a été épargné.
Il s'agissait — pour la centaine de manifestants mobilisés hier — d'une nouvelle démonstration de force après quelques contacts tendus avec les forces de l'ordre lundi (des CRS aux abords de la préfecture et sur le rond-point de la zone commerciale de Villers-Semeuse). Hier, en revanche, la police était très discrète sur la zone du Moulin-Leblanc.
Pour les Lenoir-et-Mernier, l'objectif était de maintenir la pression avant le rendez-vous de cet après-midi (16 heures) au ministère de l'Économie et de l'Emploi à Paris. « Les choses ont un peu avancé. Mais j'imagine qu'au ministère, on va nous parler essentiellement de reconversion ou de mesures d'accompagnement. Pour le reste, c'est-à-dire la prime, c'est au patronat de la métallurgie de s'engager… » expliquait Claude Choquet.
Or, jusqu'ici, l'Union des industries métallurgiques et minières fait la sourde oreille et ne semble guère disposer à mettre la main au portefeuille (*). « Ils craignent un précédent ? Mais tous les patrons ne se comportent pas comme s'est comporté le nôtre… »
Reste que pour dialoguer, il faut être deux. Et l'UIMM ne manifeste pas pour l'heure la même sensibilité que ces postiers qui, à défaut de courrier, ont spontanément distribué des gobelets de café aux métallos qui bloquaient la plate-forme hier matin.

Ph. M.

(*) «Le principe d'une rencontre avec les dirigeants nationaux de l'UIMM, à Paris, reste acquis. Mais à une date ultérieure » a précisé hier soir Claude Choquet.

 

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Des employés de la Poste, solidaires des ouvriers,
sont venus leur servir du café.
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Des transporteurs tentent de convaincre les ouvriers
pour que ces derniers les laissent entrer sur le site.
par rey charles
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