Vendredi 14 décembre 2007
L'ex Thomé-Génot lance son garage
Agrandir la photoBruno (à droite) et son frère se sont appuyés sur un réseau d'accompagnement.
Angel GARCIA
Ancien salarié de Thomé-Génot, Bruno Coquet a sauté le pas en créant, il y a peu, un garage automobile à Charleville-Mézières. Pour éviter le chômage, il est devenu son propre patron.
CHAUFFEUR-livreur magasinier cariste chez Thomé-Genot où il a travaillé quinze ans avant d'être victime de la liquidation de l'entreprise, il y a un an, Bruno Coquet, 38 ans, a entamé il y a quelques semaines sa reconversion.
Avec son frère, Philippe, il a ouvert un garage automobile dans le quartier de Saint-Julien à Charleville-Mézières.
En famille
Le 15 novembre 2006, Bruno avait intégré le contrat de transition professionnelle.
« Dans ce cadre, j'ai vu, chaque semaine, une référente, côtoyé un psy, passé plusieurs modules de formation au Greta et à l'Afpa de Montcy-Notre-Dame et réussi le permis cariste à Rethel. Sans jamais trouver un emploi. Aucune touche de ce côté-là ».
Même s'il perçoit l'intégralité de son salaire précédent — « 1.200 à 1.300 euros par mois », le contexte reste difficile pour un garçon qui a toujours travaillé jusque-là. « Avant de poursuivre ma carrière professionnelle aux ATG, j'avais oeuvré à mi-temps à l'hôpital de Nouzonville et comme agent de fabrication à Delphi ».
Lors d'une soirée familiale, il discute avec son frère, mécanicien automobile, et décide de s'émanciper. Il saute le pas.
Un réseau d'accompagnement
« J'avais l'impression d'être délaissé. Le doute s'installait. Je voulais absolument décrocher un CDI ».
Avec les aides auxquelles peut prétendre l'ex-Thomé-Genot, les deux frères se mettent en tête de créer un garage automobile.
Dès avril 2007, Bruno sollicite les réseaux d'aide. La Boutique de gestion « pour être bien orienté », la Direction départementale de la main d'œuvre et de l'emploi, sa banque « pour obtenir un prêt de 78.000 euros ».
Mais aussi la Chambre des métiers, afin d'établir un budget prévisionnel et faire une étude de marché, et « Ardennes Initiative »
Initiative » pour décrocher un autre prêt. 5.000 euros à taux zéro.
Il se lie à un cabinet d'expert comptable et déniche un local de 560 m2 propice à sa future
« boîte ».
« Quand on se met à son compte, on se livre à un vrai parcours du combattant ». Etape par étape, Bruno bâtit son projet économique.
Le 3 août, il quitte le CTP et fonde la Sarl
« PB auto pièces », spécialisée dans le montage en atelier et la vente de pièces de rechange neuves.
Dans le même temps, lui et son frangin investissent 105.000 euros pour équiper le garage. Une somme qu'il a pu engager dans l'affaire grâce sa prime de licenciement (5.600 euros), les deux premières indemnités extra-légales (10.000 et 7.600 euros) obtenues au terme du conflit, une prime à la création d'entreprise (5.000 euros), plus les aides financières restant à toucher du conseil général (10.000 euros) et du conseil régional (7.600 euros liés aux frais d'outillage).
La société a démarré son activité le 17 septembre au 3, rue du Paquis-des-Boulets, dans un bâtiment loué à la SCI Picard.
Même s'il confesse des moments d'appréhension qui l'empêchent de dormir la nuit, Bruno se sent bien dans la peau de petit patron.
Il avoue néanmoins avoir été surpris
« Quand une dame est venue avec un CV au garage pour une éventuelle embauche ».
Pascal Remy *** D'autres créateurs
Outre Bruno Coquet, mais aussi Mustapha Menacer, devenu épicier, rue du Moulin, depuis le 6 avril 2007, et Said Rahem,patron du restaurant Tio Resto à Nouzonville, d'autres anciens salariés de Thomé-Génot ont fait aboutir leur projet de création d'entreprise.
Comme Jean-Jacques Ducourneau (nettoyage de tags), Laurent Gerbeaux et Angelo Strazzeri (transports de personnes), Francis Renard (fabricant de clés dans la galerie marchande d'un hypermarché), Karim Meziani (bar-restaurant Le Bacchus à Flize) Larry Serré (espaces verts à Gespunsart) et Jean-Pierre Blanco (services divers à la personne).
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